DreamX
1er chapitre *****2ème partie
1er chapitre *****2ème partie
Je suis sale, et je n'arrive pas à enlever cette odeur qui colle à ma peau.
Le goudron, le fer. La rue s'est imprégnée dans mon blouson et ça pu les larmes.
Je n'ai pourtant pas pleurer.
Je me dirige vers la salle de bain. Le miroir est carré, assez grand. Il me vient de ma grand-mère. Ses contours sont taillés comme de la dentelle brodée, l'on dirait une forêt entourant un coin d'eau.
Le reflet qu'on y voit est laid.
Une pauvre gamine, le visage pâle, les cheveux rouges, les dents jaunes à cause des dizaines de cigarettes fumées par jour.
Ma main caresse ma joue droite ; je ne ressens aucune chaleur humaine et j'ai des putains de cernes sous les yeux. On pourrait croire que je ne dors plus depuis des mois, mais...cela fait bien longtemps que je ne me souviens plus de nuits, mais de cauchemars.
Qu'est-ce que je fais là ?
Ma main est trempée. La sueur sur mon front glisse sur mon nez, sur mes joues, sur mes lèvres.
Le reflet est flou maintenant :
« Qu'est-ce que j'fous là ? »
L'odeur du goudron envahi mon estomac.
Un filet de bave coule de ma bouche.
Je me cramponne aux murs.
La douche, la douche.
Je marche comme une déterrée vers la douche. De l'eau fraîche me ferait du bien.
Je titube, je risque à six fois de tomber.
Je glisse.
J'entend le bruit de mon corps atterrir sur le carrelage. Blanc.
Tout est blanc.
Je ne vois plus rien. Mes yeux se ferment, ma tête est lourde comme une pierre.
Et le blanc disparaît.
C'est le trou noir.
C'est un jour tellement beau.
Le soleil règne tel un monarque dans le ciel.
L'éclat des nuages, leur volupté, cette impression de nacre, de crème chaude et envahissante ; ces cieux si bleus qui se confondent avec les lacs entourant la plaine, et cette herbe si verte.
Ces couleurs. Ces spirales de glace chaude. Ce pastel et cette impression d'emprisonnement.
Le temps n'est plus temps.
Plongé dans l'infini de ce souvenir, tu m'apparaît enfin.
Et le temps n'est plus temps .Oh Dieu que tu es beau !
Tu es si joyeux.
Tes yeux clairs, comme les étoiles brillant dans les eaux épaisses, et les vagues éclatent tels des diamants, ou des gouttes de pluie.
Tu me regarde, et tes saphirs me font du bien. Ton regard m'apaise, me rends sereine, comme si j'étais reine de tes nuits.
Tu me rassure tant.
Mes cheveux volent dans le tourbillon du vent, et nous rions, ce qui laisse voir nos dents blanches aveuglant le soleil.
L'air est si frais maintenant.
Et nous tournons, nos mains nous rattachant l'un à l'autre, tel un fil rouge, le fil du destin.
Nous tournons, nous tournons.
Le rythme est saccadé, ahurissant , je suis étourdis à cause de la balade de mes sens, mais aussi à cause de tes yeux.
Ne me lâche pas la main. Tu ne me lâche pas la main.
Les oiseaux chantent. Pas de rafales, ni de mal à l'horizon.
Juste nous, dans cette prairie. Le bonheur est enivrant et nous chantons comme deux ivrognes.
L'amour est comme de l'absinthe. Et la folie n'est pas passagère.
Nous rions. Je suis si joyeuse et nous rions.
Nous rions.
Depuis combien de temps n'ai-je pas ris ?
Le merveilleux décors se fond dans la splendeur du soleil, se noie dans le ciel, se trouble dans les nuages, puis disparaît.
Le carrelage est blanc mais il y a une tache rouge près de moi.
J'essaye de me souvenir.
Le train, l'inconnu, la fenêtre, le miroir, la chaleur, la douche :
« Merde. »
Je me soulève et je comprend d'où vient le sang : je me suis cognée la tête contre le sol, et maintenant j'ai une migraine atroce.
J'observe mes mains, puis mes jambes. Je suis si maigre, si pâle.
Je suis le parfait exemple de la mauvaise santé incarnée.
Je m'assoie contre le mur près d'un petit placard que j'ouvre. J'en sort une trousse de couleur rose.
Comme d'habitude, tout se passe vite, encore plus vite que la chute.
J'ai pris l'élastique, je l'ai mis autour de mon bras et j'ai serré pour faire apparaître la veine.
Maintenant je prend la seringue, et j'enfonce l'aiguille dans la chair.
Mon avenir dans une salle de bain.
x-DreamX-x

