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DreamX

2ème Chapitre*****2ème partie






L'année où j'ai rencontré Bill Joseph Athaway, j'avais seize ans, il en avait dix-huit. C'était la première fois que je mettais les pieds au Lucifer, et le décors était très différent en ce temps.
Les murs étaient noirs avec de grands dessins de toiles d'araignées et de crânes. Il n'y avaient pas de serveuses à demi-nues à l'époque. Les clients allaient eux-mêmes chercher leur verre au comptoir. C'était une sorte de pub irlandais où les groupes de rock défilaient pour se faire connaître.

J'étais très excitée de rentrer dans cette endroit. De plus, je n'y allais pas seule, j'étais accompagnée de mon grand frère : Christian. Il était mon modèle. Tout ce qu'il aimait ou désirait, je le voulais aussi. La veille, il avait planifié d'aller avec ses amis au Lucifer. Je l'avais supplié de m'y emmener. Je lui promettais de ne pas faire de bruit, de ne pas l'interrompre. Il avait catégoriquement refusé au début. Il se demandait bien ce que j'allais faire avec des gars de vingt-deux ans dans un club.
Mais nous étions très complice, et ça depuis notre plus tendre enfance. Nous détestions tout deux notre beau-père avec qui nous vivions, notre mère étant parti quand j'avais six ans avec un autre type. Puis elle était revenu, puis reparti. Ce n'était rien d'autre qu'une "créatrice", comme nous l'appelions tout deux.
Il avait toujours veillé sur moi, Christian. Il avait même mis une dérouillé à mon premier petit copain qui avait eu les mains un petit peu trop baladeuses. Il était mon "garde du corps officiel" et moi j'étais sa "princesse". C'est comme ça qu'il m'appelait, parmi tous les autres surnoms stupides comme "lutins" "fée carabosse" et j'en passe...

Je m'en souviens très bien, c'était un vendredi soir. Il faisait froid dehors, et pour sortir, Christian m'avait obligé à porter une énorme écharpe rouge. Pour me venger, je lui avait enfilé de force de ridicules moufles bleues. Il ne s'était pas défendu, c'était un jeu pour lui. Quand nous sommes arrivé au parking, ses amis ont ris en me voyant, du moins, ceux qui ne me connaissaient pas. Dan et Léo, de son vrai nom Léopold, n'ont fait que me sourire. Ils ont expliqué aux autres que je n'étais pas vraiment une gamine, que j'étais assez mûre pour mon âge, même si j'étais très têtue, et que j'avais eu pour exemple mon frère :
"- Ah ! Alors tout va bien. On peut parler de ce qu'on veut devant elle ! Tu veux une clope ?
- Calme toi, Rupert ! Tu lui proposes rien. Et toi, t'accepte pas, okay?
- Oh ta gueule Chris, j'ai plus deux ans !
- Ah ouais ? Prouve-le, et agis correctement. J't'ai déjà dis expliqué que ça abîmait la voix de fumer.
- T'es chanteuse ? Pourquoi tu l'amène pas aux répétitions, Chris?
- Parce qu'elle a seize ans, et que, si elle veut un groupe, elle n'a qu'a en faire un, ou en chercher un avec des gens de son âge. » Mon frère était guitariste dans un groupe de rock, il donnait des concerts dans un vieux garage et dans plusieurs bars de la ville.
« -ça semble facile pour lui, il n'est pas dans mon lycée !
-On t'a déjà changé d'établissement, je crois. Qu'est-ce qui cloche avec celui-là maintenant?
-Rien, je déteste juste l'école.
-Elle a du caractère, ça me rappelle quelqu'un.
-Ta gueule !"
Là, il m'avait pris la main, et me lançait un regard qui signifiait "on en reparlera".

En réalité je n'aimais plus aller bosser depuis que Christian avait arrêté les études pour s'occuper de moi avec mon beau-père. Je voulais l'aider, c'est tout. Il ne voulait que mon bien. On m'avait changé de bahut parce qu'un fils de pute m'avait agressé sexuellement. J'étais rentrée à la maison, en pleur, un ½il au beurre noir, ma chemise déchirée, des contusions aux bras. Mon beau père m'a tout de suite giflé en me demandant où j'étais allée traînée. Ne m'entendant pas répliquer aux coups, Christian avait accouru, avait poussé ce type qui restait là, figé, à gueuler après moi, m'avait pris dans ses bras voyant que j'étais incapable de marcher d'avantage. Il m'avait emmené dans ma chambre, mis sur mon lit. Puis il avait séché mes larmes, était aller chercher un gant humide d'eau froide, des pansements et des bandages, de l'alcool fort. Il n'e m'a rien demandé de ce qu'il s'était passé ce jour-là. Il m'a juste soigné, a dormis à côté de moi la nuit pendant deux mois, jusqu'à ce que je ne fasse plus de cauchemars. C'est lui qui allait me chercher au lycée après ça. Mais il ne m'a pourtant jamais surprotégée comme il aurait pu le faire. A cette époque j'aurais voulu le remercier, mais je n'ai rien su faire d'autre que de lui acheter le model réduit de la guitare de ses rêves. Je trouvais cela ridicule, mais il la montrait à tous ses amis, et disait qu'il était fier.

Ce vendredi soir, quand on est rentré dans le club, un groupe de métal était sur scène, et faisaient sauter la foule en une danse frénétique. Les amis de mon frère devaient être des habitués car peu après que nous ayons franchi la porte, un homme avec une moustache de morse s'est avancé et nous a salué. Le patron du Lucifer, était plus jeune et plus maigre que maintenant. Mes ses expressions et sa voix n'ont pas changé :
"- Alors la jeunesse, on vient boire un verre?
-C'est ça Paul, on vient boire un verre. T'as une table?
- Ouais, j'vous trouve ça tout de suite. Tiens, mais c'est que vous avez emmené votre mascotte ! " avait-il dit en me scrutant avec un sourire dégueulasse sur son visage.
"- C'est ma s½ur, Sally. Elle mourrait d'envie de voir à quoi ça ressemblait à l'intérieur.
- Ah ! Et ça te plait ?
-Je crois qu'on va aller s'assoir, Paul, si c'est pas trop vous demander."
Mon frère avait coupé court à la conversation. Paul nous a montré une table près de la scène. Ses potes avaient commandé des bières ; Christian me laissait boire dans sa pinte. Pas loin, il y avait une table avec des filles. Elles regardaient toutes dans notre direction. Elles gloussaient, souriaient. J'allais me foutre d'elles avec mon frère, quand je me retournais, je voyais tous les mecs à la table les observer avec envie :
"- Regarde, Chris. Lydia est encore plus belle que la dernière fois.
- Ouais."
Une blonde aux cheveux longs, au sourire américain, très vulgaire, jeta un coup d'½il à notre table.
"- Ouhh! Je crois qu'elle te regarde !
- La ferme !"
Mon frère souriait à cette fille. Il semblait même gêné. Les filles ont ensuite payé l'addition, se sont levées et sont passées à côté de nous :
"- Alors les gars, on profite de la soirée ?" avait demandé une brune avec un sac à main criard vert fluo.
"- Et pas qu'un peu.
- Salut Christian. " avait ajouté la dénommée Lydia.
"- salut Lydia. " mon frère avait prononcé ces mots avec une voix que je ne connaissais pas. Il regardait intensément cette fille, pas seulement avec envie, comme les autres, mais avec respect. Il transpirait.
"- Bon les filles ! On y va ! Allez Lydia, pas le moment de s'endormir !"
Elles s'étaient ensuite éloignées vers la sortie, toujours en gloussant.
"- J'crois que t'as une touche Chris ! Chris ?"
Il était songeur, comme paralysé.


J'étais sur le point de le frapper pour qu'il se réveille, quand un groupe de trois garçons, plus jeunes que mon frère se sont approchés. "Décidemment, on ne peut jamais être calme." pensais-je.
"- Hey "Guys" ! ça va ? Tom, Léo, Dan, Rupert, Tim, Chris. Quoi de neuf ?
-Bah, tu sais la routine. Hey ! mais Bill n'est pas avec vous ?
- Il répare un câble. On joue juste après. Vous restez écouter ?
- On vient d'arriver, alors ouais.
- Cool, tu nous diras ce que tu penses de notre dernière compo ! C'est Bill qui l'a écrit d'ailleurs.
- Comme d'habitude, non?
- Ouais, enfin des fois on s'y met !
- J'voudrais bien savoir quand !"
Ces dernières paroles avaient été prononcées par un autre garçon qui venait d'arriver. Il était brun, les cheveux mis longs, environ un mètre soixante-dix. Il avait un petit visage, avec une lèvre inférieure épaisse, une peau lisse, et des yeux d'un vert que je n'avais encore jamais vu.
"- Tiens, Bill, te voilà. Il paraît que t'as humilié Scott la dernière fois ! C'est vrai ? » demanda Rupert.
« - Si apprendre à un type qui étudie soit disant la musique ce que c'est que de vivre pleinement une chanson, on peut dire ça."
Les autres ont tous ri. Ce mec ne devait pas avoir plus de vingt ans, et, par rapport à moi, on le respectait. Qu'avait-il de plus ? à part ces yeux perçants. C'est mon frère qui a rompu les ricanements :
"- Hey, Bill, je te présente ma s½ur : Sally. C'est d'elle dont je t'ai parlé la dernière fois. Tu devrais l'écouter chanter."
Quand il se tourna vers moi, j'ai rien su dire. Je ne me rappelle même pas avoir osé le regarder dans les yeux. Pourtant c'est de ses yeux dont j'ai le plus nette souvenir. Il m'a dévisagée, a sourit, puis a dit :
"- T'as qu'à passer au studio quand tu peux." Voyant que je ne répondais pas, il ajouta :
"- Bon les gars, j'suis venu vous dire que c'est à nous. Si ça vous intéresse encore, bien sûr."


Après je ne me souviens de rien. A part que, quand il était sur scène, personne dans la salle ne faisait autre chose que le regarder. Il portait et jouait de sa guitare avec une telle facilité que s'en était affligeant. Quand il a commencé à chanter cette mélodie pop punk, sa voix m'a étranglée, ensorcelée, anéantie, transpercée. Jamais une voix n'a été aussi clair et transparente que l'eau. Jamais une voix n'a eu autant de haine et de violence. Jamais une voix n'avait été d'une telle passion ardente. Elle se cassait contre les murs, fragile. Elle rebondissait sur les lumières de la salle avec tant de force.
La première fois que j'ai entendu cette voix, je savais que jamais plus, je ne pourrai en entendre une autre de la sorte.





Ce vendredi soir était le commencement du reste de ma vie. J'étais amoureuse.







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# Posté le vendredi 12 juin 2009 19:23

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:37

L'amour et la haine

L'amour et la haine
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**DreamX

3ème Chapitre*****1ère partie





Cette chanson de Clapton me touche particulièrement. Je ne connais pourtant personne du nom de Layla, pas de vieille amie, ou quoi que je sache. C'est peut être cette histoire d'amour qui me renvoie, comme un reflet, l'image de mon passé et de mon présent.
J'ai besoin d'un endroit pour me cacher. Dehors attendent mes futurs accidents, mes démons ; ce que j'endure. Je range la guitare dans l'armoire. Je ne sais pas pourquoi Patrice n'est pas venu ce soir, peut être est-il malade. En tout cas, je n'assurerai pas la guitare et le chant seule tous les soirs ! Je sens une main sur mon épaule. Je me retourne, c'est Franck.

Depuis qu'il est parti de chez lui, à l'âge de vingt ans, Franck n'est jamais sorti de cette ville. Il dors dans une chambre au dessus du Lucifer, et quand il ne joue pas de la basse, il sert les clients. Il fait partit du décors comme les posters. Je n'ai jamais bien compris pourquoi il s'était enfui de chez lui. Je crois que c'est à cause d'une histoire d'amour ; sa copine se serait marié à son frère. Je ne sais pas. Mais à ce qu'il m'a dit, ça ne l'a jamais dérangé d'avoir mis les voiles ; c'est un immigré russe, et pour venir jusqu'ici, il a dû s'en taper des kilomètres. "Après la route, c'est ma maison ici" m'a-t-il dit un jour. Franck est brun aux reflets roux, les cheveux frisés lui arrivant aux épaules. Il a des tâches de rousseur sur son visage, et ses yeux sont plissés et noisettes. Il porte des lunettes noires qu'il semble considérer comme une armure, quelque chose qui empêche les autres de lire dans ses yeux tout sentiment pouvant être jugé honteux. Il ne possède rien, mais tout ce qu'il a, il le partage. Son sourire semble toujours timide, même en des situations où il n'a pas à l'être. Sa voix, comme son être entier, est rassurante et protectrice. (il ressemble un peu à Ewan Mcgregor.) Depuis les quatre années qu'on a passé ensembles, c'est comme un second grand frère, même si on a le même âge. Alors que je lui fais face, il me dit :
"- T'as assuré ce soir, quoi qu'en disent les autres.
- Ouais, merci. Enfin, on a fait mieux, non ?
-ça c'est sûre, mais c'est le passé. Et le passé appartient au passé."
je médite ses mots. Ce type est sage. Mais je ne vois jamais clair dans ses paroles.
"- Tu devrais étudier la philosophie plutôt que de croupir ici" lui lançais-je.
"- Oui. J'y ai pensé. Socialement ça serait mieux. Mais j'aime cet endroit.
- T'es bien le seul.
- Non. Tu aimes aussi ce club. Pourquoi reviendrais-tu chaque après midi et chaque soir sinon ?
- J'ai un loyer à payer.
-Je t'ai déjà proposé de venir chez moi.
- C'est gentil, mais t'as qu'une chambre et nous sommes deux."
Il ne me répond pas. J'ai toujours su que Franck m'aimait plus qu'une amie ou une s½ur, mais ce n'était pas réciproque. Du moins pas à ce point.
"- Ecoute -ajoutais-je- si les cafards se font de plus en plus nombreux chez moi, je t'appelle !"

Je m'éloigne alors qu'il a un sourire triste. J'aimerais le serrer dans mes bras et lui expliquer. Mais il sait déjà tout en partie. Tout le monde sait ici.








x-DreamX-x
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# Posté le samedi 13 juin 2009 17:09

Modifié le dimanche 05 juillet 2009 19:06

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Le week-end suivant ma rencontre avec Bill, Christian m'annonçait qu'il avait assez d'argent pour s'acheter un appartement. Je ne pouvais pas le croire. Il allait me laisser seule, avec mon beau père, cet enfoiré, cet alcoolique. Quand je lui disais ce que je pensais de tout ça, il me répondait toujours : " je dois respirer un peu. Moi aussi j'ai une vie. Et je ne peux plus le supporter. Je dois quitter cet endroit, ça ne veut pas dire que je ne te reverrai plus. Je continuerai à venir te chercher au lycée et...". Et il continuait à s'excuser et à répliquer aussi vite qu'il le pouvait.

Je savais bien qu'il devait un jour partir, mais je ne pensais pas que cela devait se faire si tôt.
Je lui ai demandé de ne plus venir me chercher au bahut. Il ne répondit rien. Il ne me contredisait pas. Il semblait juste triste, comme si je n'arrivais pas à comprendre un lourd secret enfui, mais je le comprenais. Je ne voulais pas l'admettre, c'est tout.

Dans mon c½ur, j'étais comme brisée, mais je pensais à autre chose, pas seulement au départ de Christian. Quelque chose qui me déchirait tout autant. Qui me dévorait d'avantage . Ce garçon la veille au Lucifer. Je posais des questions à mon frère pour en savoir d'avantage. Il me répondait, pensant sans doute que je ne faisais que continuer la conversation, pour ne pas tomber dans un silence pesant :
"- Bill ? Je crois qu'il a dix-huit ans seulement, pourquoi?
- Et bien je ne l'ai jamais vu au lycée.
- Il a quitté l'école à l'âge de quinze ans. A ce que je sais il n'était pas mauvais élève. Mais on m'a raconté que , un jour, il est allé voir ses profs, et il leur a dit qu'il quittait l'établissement. Aucun n'a essayé de le retenir.
-C'est bizarre." J'étais songeuse. C'était un comportement étrange de la part d'adultes et d'enseignants.
"- T'aimerais faire la même chose, hein? Bah je te l'interdis !" puis il ajouta " Bill n'était pas fait pour l'école. C'est pas un type stupide, il apprend vite, il s'acharne à vouloir progresser en musique, il travaille beaucoup. Il avait besoin de plus de temps pour se consacrer à ça, et il avait un endroit où aller tous les soirs. Les studios "Francisco" dans la rue Clamence. Il a beau être jeune, il impressionne toujours les propriétaires, et la gardienne qui le laisse aller et venir. Il les épate pas seulement avec sa musique, mais aussi avec sa grande gueule. Il a un bon franc parler, et est assez mature. Il a pas vécu des choses faciles faut dire !
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ? " Intérieurement, j'étais très impressionnée par ce que me racontait Christian, et j'étais curieuse. Mais en même, je ne pouvais m'empêcher de ressentir de la colère quand on me disait que d'autres personnes avaient vécu des choses horribles. Comme si je n'avais rien vécu, moi.
"- Et bien, ces deux parents sont morts quand il avait dix ans. Il a été placé en famille. Je crois qu'ils ne sont pas méchants avec lui, il les aime bien, mais ils ne l'ont jamais vraiment compris."
-Depuis combien de temps il joue dans ce groupe ?
- The children'dolls ?Un an je crois. Ouais, un an, parce que c'est moi qui lui ai fait rencontrer Sam. Tu sais, le type qui nous a abordé le premier. C'est le bassiste du groupe. Mais pourquoi tu me demandes tout ça au fait?
-Euh...Et bien, c'est parce que...tu m'as présentée et je voudrais bien savoir pourquoi.
-Ah ! c'est parce que comme ça, tu connaitras un visage quand je t'emmènerai avec moi aux studios."


Je n'ai jamais aussi mal dormis de ma vie je crois. Entre excitation, bonheur, peur, et mon imagination qui travaillait. Je n'ai pas pu fermer l'½il, jusqu'à ce que enfin je me glissais dans le néant, et faisait mon premier rêve depuis longtemps.








x-DreamX-x
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# Posté le dimanche 28 juin 2009 19:24

Modifié le mardi 21 juillet 2009 18:39

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Les visites aux studios étaient pour mon frère une façon de s'excuser pour son départ précipité. La semaine après qu'il m'ai dévoilé ses plans, il fit ses affaires.
Puis il m'emmena dans son appartement. Il se trouvait hors de la ville, dans une banlieue voisine, à quinze minutes en train et pas loin de la gare.
L'immeuble était miteux, crasseux, et risquait de s'effondrer à tout moment, de l'extérieur comme de l'intérieur.
L'appartement était un trois pièces...Oui, c'est l'appartement dans lequel je vis maintenant.

Mon frère regarda autour de lui. Il semblait songeur, mais aussi heureux de lui, content de son choix :
« - Alors ?
- Et bien... » je trouvais cet endroit fantastique. « Doit y-avoir des cafards ici.
- Sans doute...Mais tu verras dans quelques semaines, ça sera parfait ! Et cette fenêtre ! Regarde moi cette fenêtre ! » il y avait en effet une grande fenêtre dans l'appartement, dans la pièce principale, avec vue sur un parc plein d'arbres et d'enfants. « Tu ne voudras plus partir quand tu auras vu ce que j'vais en faire !
- Ouais, mais je devrai partir.
- Ecoute, je t'ai déjà tout expliquer. J'espère que tu ne crois pas que je vais faire comme maman !
- Je sais ! Tu n'es pas comme cette salope, mais... » j'allais pleurer. Je ne devais pas pleurer. Finalement j'eu seulement une larme de colère quand j'ajoutai « C'est un bel endroit. Tu y seras bien, et je viendrai te voir, comme si tu ne m'avais jamais quitté. »
Je fus moi-même surprise de mes paroles. Je crus avoir cinq ans de plus en disant cela. Mon frère me prit dans ses bras et dit alors :
« - Tout se passera bien, tu verras. »

Oui.
Oui.
Sauf que tout n'allait pas bien se passer...








x-DreamX-x
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# Posté le lundi 29 juin 2009 18:51

Modifié le mardi 27 octobre 2009 07:30

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La phrase de Franck reste gravée dans mon esprit. "Le passé appartient au passé" m'avait-il dit avec son accent russe. Je n'ai jamais su faire la différence entre le présent et le passé. Les temps sont reliés entre eux, et sans le passé, qui est la base de tout avenir, il n'y a rien. J'ai ainsi toujours cru qu'en ayant pas de passé, ou plutôt en possédant un passé si pauvre, je ne pouvais rien devenir. Aller de l'avant. C'est ce que voulait dire Franck. Pourtant lui non plus n'écoute pas toujours ses propres mots. Certes, il veut oublier ses démons, les fantômes de son passé. Parfois il y arrive. Il pouvait oublier comme par miracle toute dispute, tout ce qui pouvait l'empêcher d'être heureux. Mais il m'avait confié un jour qu'il ne pouvait oublier son pays d'origine. Et il n'arrivait pas non plus à oublier que lui et moi c'était impossible. Ou bien l'avait-il assimilé et il ne pouvait en réalité effacer de sa mémoire ses sentiments. Oui, c'est exactement ce que moi, je ressens au plus profond de mon être.





x-DreamX-x
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# Posté le mardi 30 juin 2009 14:33

Modifié le mardi 30 juin 2009 18:26