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3ème Chapitre **** 2ème partie


Après le lycée, je prenais le train et je filais retrouver Christian à son appartement. Il y bossait ses dernières compositions ; il n'avait pas encore trouvé de boulot et passait ses heures chez lui ou en studio avec son groupe. Il avait arrangé son logement en accrochant au murs des posters, après avoir refait sommairement la peinture ; une immense affiche de Jimi Hendrix trônait dans la pièce principale ; la baignoire avait été complètement nettoyée ; il avait entassé sur le canapé beige des coussins rouges, tous venus de sa chambre. On pouvait voir ses deux guitares, sa Fender bleue qu'il avait acheté l'année d'avant après avoir travaillé dans une station service, et sa guitare acoustique. L'appartement était petit mais dans la chambre, il y avait un placard profond et une penderie qui fermait à clé.
Remis à neuf, l'ensemble était habitable et lumineux.
Un soir alors que j'avais quitté la ville de Liverpool pour rejoindre la banlieue où habitait mon frère, je rentrais dans l'appartement avec le double des clés qu'il m'avait donné, et je vis une jeune femme. J'eus d'abord peur, pensant qu'il s'agissait sans doute d'une cambrioleuse, mais je la reconnue quand elle me souri. C'était cette fille du club, la blonde au sourire américain, aux dents parfaites :
« -Salut ! Tu es sans doute Sally, moi c'est Lydia ! » Elle s'était approchée de moi, m'avait mis la main sur l' épaule et ajouta « Christian m'a dit que tu passerai. Moi aussi j'ai une petite s½ur, plus jeune que toi mais tout aussi jolie. » Je pensais : Elle me parle comme si j'avais dix ans. « Elle a dix ans et s'appelle Paulie. » C'est donc pour ça. Je lui répondais :
« - Qu'est-ce que tu fais là ? Où es Christian ?
-Il est au studio, Francisco. Il m'a dit de te dire de le rejoindre là-bas. Il aurait voulu te prévenir mais il ne savait pas comment.
- Mais...Je...Tu. Tu ne m'as pas dit pourquoi tu étais ici.
-J'ai passé la nuit ici. Hum, enfin...
- Okay. » je m'en doutais, mais j'aurais voulu une autre réponse. Elle semblait plus mal à l'aise à me parler :
« Hum...Tu sais où sont les studios ? » Je fis non de la tête. « Okay, alors je vais t'y conduire. Ma voiture est garée tout près, dans la rue.
Je fermais la porte de l'appartement. Lydia avait mis son manteau en fourrure violette (c'était à la mode dans les années 90) et me suivait.
Dehors ses cheveux blonds avaient des reflets dorés et volaient dans le vent. Maintenant que je la voyais de près, je la trouvais moins vulgaire, calme, posée, l'air simple.
Sa voiture était une américaine, longue, bleue et blanche, décapotable, je ne connaissais pas la marque. A l'intérieur, au sol, il y avait un tas de cds, et des magazines. Un album attira mon attention. C'était l'album « Rubber Soul » des Beatles :
« -Tu écoutes les Beatles ?
-Oui ! » dit-elle dans un rire « C'est mon groupe préféré ! J'ai tous leurs albums chez moi.
-La chance.
-Je te les prêterai si tu veux. Ton frère m'a dit que tu aimais bien les Clash aussi.
- Oh oui ! Je les adore ! Joe Strummer est un grand Homme ! » Elle rit aux éclats. D'un rire franc, sans moquerie. Lydia conduisait bien et nous étions arriver très rapidement aux studios Francisco, rue Clamence, des grands bâtiments détériorés, le long du trottoir, d'un rouge vif.








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# Posté le mardi 30 juin 2009 19:50

Modifié le mardi 28 juillet 2009 18:19

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Une fois arrivées, Lydia ne sortit pas de la voiture. Voyant que je l'attendais, elle me dit :
« - Vas-y toute seule. Je dois rentrée chez moi et aller bosser. Demain c'est samedi, peut être nous verrons nous pour déjeuner.
- Alors a demain, et merci.
- De rien. A demain ! Passe le bonjour à Chris. »
Sa voiture démarra, le moteur cracha, un nuage de poussière noire sortit du pot d'échappement. J'étais seule dans la rue. J'étais effrayée de rentrer dans ces studios. Je voulais voir Christian, mais aucune autre personne. Personne.
Je traversais la route, arrivais devant les bâtiments, poussais une grande porte et entrais.
A l'intérieur tout était blanc, à part quelques graffitis noirs et posters sombres aux murs. Il y avait un accueil . Je m'y dirigeais. Il n'y avait personne. Je vis une sonnette sur le comptoir, je sonnais. En attendant, je vis devant moi, dans un cadre, des photos signées de grands groupes : les Beatles bien sûr (nous vivions à Liverpool tout de même), Ringo, John, George et Paul, au centre ; Les Sex Pistols avec un Johnny Rotten déchainé, comme à son habitude ; The Exploited ; The UK subs ; The English dogs ; Patti Smith ; Janis Joplin et même les Ramones ! Il y avait également des artistes de jazz comme Ray Charles ; Duke Ellington ; Grover Washington Jr. ; et Peggy Lee. Les studios étaient anciens et avaient accueillis des générations de musiciens, de tout style et de tout âge. Maintenant, cependant, ils n'accueillaient plus de musiciens célèbres comme autrefois, justes des amateurs, futurs professionnels peut être. Mais l'endroit n'était pas suffisamment équipé pour des envies de grands musiciens : les consoles étaient simples et beaucoup d'amplis étaient cassés. Du moins c'est ce que mon frère m'avait raconté !
Quelqu'un arriva. C'était une femme ronde, blonde aux cheveux courts, très maquillée. Mal maquillée, les yeux entourés de bleu turquoise, les lèvres roses. Pour sa soixantaine, elle portait un décolleté un peu trop plongeant, qui laissait voir ses seins tombant :
« -C'est pour quoi ?
-Hum...Je cherche mon frère, il doit être avec son groupe, mais je ne sais pas dans quelle salle ils sont.
- C'est quoi le nom ?
-The funny dogs. » Elle regarda un emplois du temps rangés dans un cahier rose et or, et quand elle trouva ce qu'elle cherchait, elle me dit :
« -Salle 2. Ils sont là depuis un moment mais ce n'est pas encore leur tour, il y a un autre groupe avant. Vous pourrez trouver la salle toute seule ? » Elle me dévisageait.
« -Oui, pas de problème merci. »
Je n'avais pas envie qu'elle m'accompagne, et je préférais être seule. Cet endroit n'était pas si impressionnant quand on ne pensait pas aux célébrités et aux talents qui avaient auparavant traversé ces mêmes couloirs.
Je passais la salle 1, et trouvais la salle 2. J'entendais le son des guitares amplifiées, et ce son pénétrait en moi comme des lames de rasoirs glissant et coupant la peau ; cette douleur me faisait du bien. Le chanteur avait une voix dure et enrouée, très rock, mais le bruit des guitares, de la basse et de la batterie réunies la couvraient comme pour l'étouffer. Elle luttait contre ces envahisseurs de l'espace.
Je franchissais la porte. La salle était très grande, comme le reste des couloirs, blanche, cependant les murs étaient un peu plus grisâtres qu'ailleurs. Un groupe de garçons dont je reconnus mon frère et ses amis jouaient aux spectateurs. Le groupe continuait à jouer. Je jetais un coup d'½il et là, je le vis : Lui : Bill. Il ne chantait pas cette fois-ci, mais il jouait de sa guitare : une Fender bleue ciel, un peu turquoise. Le groupe ne s'arrêtait pas, mais les musiciens avaient remarqué mon arrivée.
Mon frère me fit signe. Je m'avancais vers lui :
« - Hey princesse ! Te voilà ! Tu as vu Lydia ?
- Oui, je l'ai vu. » J'avais répondu sèchement, mais je ne savais pas si cela était dû au fait d'avoir trouvé la petite amie de mon frère dans son appartement alors qu'il devait m'attendre ou dû au fait que le type qui hantait mes nuits depuis peu était dans la même salle que moi.
Christian me répondit l'air gêné, essayant de se faire entendre par dessus tout ce boucan :
« - Désolé, mais je ne pouvais pas te prévenir autrement !
-C'est pas bien grave.
- Comment t'as trouvé où on était ?
-J'ai demandé à l'accueil.
- T'as dérangé la vieille Martha ? » avait demandé Rupert en ricanant .
« -Ouais.
-La pauvre ! T'as dû la réveiller pendant sa sieste. Plus personne la dérange, ici. Elle vient écouter les groupes, ouvre et ferme les salles, apporte parfois du café quand elle est de bonne humeur. Mais, elle déteste « se faire sonner » à l'accueil !
-J'en ai rien à foutre. J'avais pas envie d'errer trente-six ans dans les couloirs pour vous trouver ! » J'allais m'asseoir à côté de mon frère. Les autres gars me firent de la place, je jetais mon sac-à-dos au bord du mur et écoutais la musique.
Elle s'arrêta presque au moment où je m'installais.











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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 19:39

Modifié le jeudi 02 juillet 2009 17:00

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« - C'est à vous les gars ! » Les musiciens commencèrent à débrancher les câbles des amplis, à ranger leurs instruments, certains à boire. Ils étaient quatre : un batteur, un bassiste, deux guitaristes et chanteurs. Dans le groupe de mon frère, ils étaient six : un chanteur, deux guitaristes, un bassiste, un batteur, et un saxophoniste.
Alors que le deuxième groupe se levait, le premier venait s'asseoir, tout en parlant :
« - La prochaine fois les mecs, on refait la nouvelle compo, et Brian tu nous trouves un accompagnement à la batterie s'il te plait. Sam, toi, tu revois ton solo à la basse, et Bill, raccourci un peu ton solo de guitare, j'pense que la fin était la meilleure partie, quand t'as improvisé.
- Ouais, j'vais développé ça, et enlever le reste. Et faudra rajouter une partie ch½ur à la première voix, ça enrichira la chanson, surtout au niveau du refrain.
-Tu verras ça avec Sam. »
Celui qui venait de parler s'assit à côté de moi, pris une bouteille d'eau près du mur et me regarda de la tête au pieds. Il me dit alors :
« - J'm'appelle Brian. J't'ai jamais vu ici. T'es venue écouter The funny dogs ?
- Ouais, mon frère est l'un des guitariste.
- Ah ! Mais t'es la s½ur de Christian ! Il nous a souvent parlé de toi. Il paraît que tu chantes super bien.
-Ahhh... Et bien, je hum, je sais pas. » Bill venait de nous rejoindre. Il arracha la bouteille d'eau des mains de Brian, bu ; de l'eau lui coulait des lèvres dessinant les contours de son menton et de son cou. Il s'essuya d'un geste du poignet, ce qui laissa voir un tatouage noir à l'avant bras gauche : une sorte de bracelet fait de fleurs et de signes celtiques. Il nous regardait et nous écoutait ;j'eus la sensation d'être observée au rayon laser.
Mon frère, qui accordait sa guitare s'écria :
« - Sûre qu'elle chante super bien. C'est une déesse ! Enfin, c'est normal c'est ma s½ur. »
Les autres riaient et me fixaient tous pour tenter de trouver d'un regard, la chose extraordinaire en moi. C'est Tim, le batteur du groupe de Chris, qui proposa le premier :
« -Vas-y montre nous ! » J'aurais voulu mourir.
« - Ouais Sally, vas-y !
-Je... Je suis pas sûre.
-Je sais que t'es pas timide, « sister » ! Alors fais pas genre, et te défile pas. J'ai pas envie d'avoir honte. »
Ils m'encourageaient tous. Bill dit alors :
« -T'as pas à avoir peur. On est tous des minables en musique. » Ses mots laissèrent un blanc. Puis il se mit à rire, et ajouta, « enfin je parlais de votre groupe, les gars ! »
Tous riaient et l'injuriaient en même temps. Ils ne le croyaient pas. De toute façon il avait dit ça sur le ton de la plaisanterie. A ce moment là, « la vieille Martha » arriva :
« - Fais attention à ce que tu dis mon garçon. Un jour, un de ces jeunes hommes pourraient bien te croire et te casser ta jolie petite gueule.
-Et je saurai à ce moment là, Martha, que tu viendras à mon secours.
- Compte pas sur moi, chéri ! »
Un nouvel éclat de rire envahissait la pièce. Quelque chose en moi me fit me lever. Je me dirigerais vers le micro avec détermination. J'avais peur. Mais j'avais une sacré envie de montrer mon talent à tous ces blancs becs et peut être de réussir à impressionner Bill :
- Chris, avec le groupe vous avez jouer « Bad reputation » de Joan Jett, non ?
-Ouais...Tu...
- Vous pouvez m'accompagner ? » Il me répondait avec un sourire :
« -No problem darling ! »
Les musiciens s'installèrent. Je demandais :
« - C'est possible un ton plus haut que ce que vous faites ?
-Les mecs : capos ! C'est comme si c'était fait. »
Tous les types de l'autre groupe s'étaient assis et attendaient.


Mon frère se plaça à côté de moi. Le batteur donna le tempo. La musique commença.
Elle coulait en moi. C'était comme un concert. La scène, et son plancher, ou son béton : peut importe là où on joue. Le tout est de s'emporter, d'emporter les autres, de mourir, de laisser ses sens exploser, de ne plus vivre pour exister , de respirer pour crever. Jouer un rôle pour trouver le sien.
Je doutais trop souvent de moi. Mais même si cette vérité m'échappait parfois, je le savais au fond de mes tripes une fois la musique en route : je savais chanter. Si tu te lèves le matin avec l'envie de chanter, tu es chanteuse. J'ai toute ma vie été chanteuse. C'était la seule chose que je savais faire ; je n'avais jamais pris de cours. Parfois j'en rêvais, parfois j'en étais fier, orgueilleuse : certaines personnes du conservatoire municipal n'arrivaient pas à faire ce que je faisais. Mais je n'arrivais pas non plus à faire ce qu'ils faisaient. Peu importe. Rien n'est important quand tu vis la musique.
Je chantais. Je hurlais. Je vomissais. La lumière et la blancheur des murs m'aveuglaient. J'avais tout oublier. Je fermais les yeux, parfois les rouvrais. Regardais devant moi avec sureté, amusement. Les spectateurs ne sont rien, mais sont tout. Et je me donnais à fond car il y avait un spectateur particulier, et également toute une foule de bons musiciens.


L'explosion eut lieu, la chanson était finit. J'avais pris un plaisir fou à jouer avec mon frère et les autres. Quand il n'y eut plus un son dans la salle, les dits spectateurs applaudirent et hurlèrent, mes musiciens d'un instant rirent et me félicitèrent :
« - Tu nous l'avait caché, hein, Chris ?
-Bravo Sally !
-You rock, babe !
- Quelle voix ! »
Les membres des Children'dolls nous rejoignirent et posèrent de nombreuses questions à propos de mes années de pratique etc. Puis Bill me dit alors :
-Hey, bravo. C'était une bonne interprétation."
Martha qui était restée écouter ajouta :
-ça faisait longtemps que mes oreilles n'avaient pas entendu une si jolie voix. Tu as beaucoup de talent petite, et une présence incroyable. Continue à bosser, tu arriveras peut être loin. Ecoute la vieille Martha, elle ne se trompe jamais. Quand j'ai découvert le petit (elle désigna Bill d'un coup de tête) dans la rue avec sa guitare, en train de chanter sous les fenêtres des studios, il n'avait pas un sou pour payer le local de répétition. Et bien, quand j'ai vu cet immense potentiel, je l'ai invité à venir tous les jours. Depuis il vit presque ici ! Et tu verras, celui là, pour sûre qu'il ira loin ! » Bill eu une sorte de sourire, un peu gêné, mais fier, le genre de sourire qu'on a lorsqu'on reçoit un compliment et qu'on ne sait pas où se mettre. Bill décida de bouger. Il me dit:
« - Ecoute Martha. Elle sait reconnaître le talent quand elle le voit. Excusez moi, je sors juste fumer.
-Ah ! la cigarette le tuera ce gosse !
-Je ne fume pas grand chose.
-Non mais, ça risque de changer. Regarde moi, je ne peux pas me passer de mes 50 cl de whisky par jour !
-On verra Martha, on verra... » et il s'était éloigné.

On continuait à me féliciter. Puis Sam m'avait proposé un duo avec son groupe. Les autres membres furent tous d'accord. Mais on ne demanda pas l'avis de Bill qui était sortit.








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# Posté le jeudi 02 juillet 2009 19:25

Modifié le mardi 21 juillet 2009 18:57

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J'ai beaucoup trop chaud. Et je pense subitement, « I need a fix 'cause I'm going down ». Ouais, j'ai besoin d'une dose. Je rentre subitement dans ma loge. Je bouscule Vanessa au passage :
« - Hey ! Qu'est-ce qui t'arrive ?Sally ! Sally ! Reviens. » J'ai pris mon sac et me suis enfuis. Je n'entends plus les cris de Vanessa, elle est loin du monde. Je cours dans le couloir. Je croise Franck. Il m'appelle également. Il veut me suivre. Je l'en empêche, je le pousse. Je sors de ce bordel. Histoire de ma vie. Je sors.
Je m'assois près des poubelles. Je suis cachée. On ne me voit pas de la porte arrière du club. Vu sur le parking du personnel. C'est à dire trois places pour les privilégiés du Lucifer.
Je suis assise. Je respire bruyamment. Crise d'angoisse ? Je ne sais même plus. Je ne peux plus me supporter. Je me hais, tellement je l'aime et le déteste. Il est encore en moi. Je dois m'en débarrasser. J'ouvre mon sac et en tire la seringue. Le reste, vous savez.
Je ne suis plus rien.
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Apesanteur.
Je flotte dans l'espace comme clouée au sol. Le goudron brûle. Il fond sous mes pieds, et je m'enfonce en lui. Une tornade mauve s'empares de moi. Elle s'avance à l'intérieur de mon corps. Je ris. Puis je pleure. Elle me fais glisser et voler, surélever. Je tombe dans le trou noir.
Il est là. Ou plutôt, cette ombre est là. Et cette femme familière qui veut l'attaquer. Elle a un pistolet à la main. Elle brandit l'arme, la balle sors, chaude, de son réservoir. Elle tourne. Elle tourne, et vite, se dirige vers l'autre personne. Je vais la protéger. Elle hurle.
Elle est touchée.
Puis, il fait noir.








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# Posté le vendredi 03 juillet 2009 19:32

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:01

Le musicien et la serveuse

Le musicien et la serveuse
**DreamX

4ème Chapitre*****1ère Partie



Alors que les rêves se dissipent doucement, je me réveille. J'ai un mal de crâne incroyable et je ne sens plus mon corps. Ou bien, je le sens lourd, endormi, pesant, comme une larme sur une joue ; la peau reste abîmée. Mon bras est douloureux.
J'ouvre lentement les yeux. Une faible lumière, celle du matin, inonde la pièce. Cette pièce. Je remarque que je ne suis pas chez moi. Mais je connais cet endroit. Etroit, équipé d'une seule pièce avec en son centre un grand lit. Autour, près d'une fenêtre avec de grands rideaux beiges trainant jusqu'au sol, un psyché, une commode en bois clair. Juste à côté, une cuisine, ou plutôt un plan de travail assez grand pour casser un ½uf sans se cogner au reste du mobilier, un four à micro-onde noir, et un petit frigo arrivant à mi-cuisse. La salle de bain était séparée de la pièce principale par une porte en bois blanc dont le vernis partait en lambeau. Elle contenait une douche, un lavabo, et un toilette. Je sais tout ça car l'appartement dans lequel je viens de me réveiller est celui de Franck.
Je me relève, m'assois sur le lit. Je n'ai plus mes chaussures, je ne porte plus mon blouson et mon sac est posé plus loin sur le plancher. J'ai besoin d'un verre d'eau. Je me dirige vers le frigo et en tire une bouteille d'eau fraîche. C'était une des manies de Franck de garder l'eau glacée. Je ne vais pas m'en plaindre aujourd'hui. Je prends un verre et sur le tiroir, je vois un post-it, portant l'écriture de Franck. C'est écrit : « Je suis sortit acheter de quoi manger. Attend moi, je reviens vite, et REPOSE TOI ! ».
Me reposer, oui, je n'ai rien d'autre à faire de toute façon. Je finis mon verre, le pose sur la commode, puis je m'allonge sur le lit. Je repense à mon rêve d'hier soir.

On ne peut pas vraiment appeler ça un rêve car je ne dormais pas vraiment, j'étais juste stone. Mais ce n'est pourtant pas non plus une hallucination, car les doses que je prends ne me permettent pas de parler, de voir, ou de bouger. C'est juste assez pour partir dans l'inconscient, et peut être pour ne jamais se réveiller. Ces moments là ne sont pas des tentatives de suicide. Mais si je me suis plusieurs fois réveillée à l'hôpital, je n'ai jamais cessez d'exercer ces échappatoires et jamais encore, je n'ai été sincèrement triste lorsqu'une infirmière ou un docteur me disaient que j'avais frôlée la mort et avais été dans le coma deux jours de suite.
Mais de plus en plus, m'apparaissaient cette femme à demi-nu et cette personne à la silhouette étrange. La femme tirait à chaque fois sur l'autre personne, réussissant son coup. L'inconnue ou l'inconnu tombait, sanglotait et elle, elle continuait d'hurler. Ces cris étaient confus ; peut être fait d'un mélange de peur et de colère, je ne sais pas.
Plus le temps passait, plus je voyais d'éléments. J'avais identifié une femme, il ne restait plus qu'une ombre à distinguer. Sexe masculin ou féminin ? Je tentais de me souvenir, mais rien n'y faisait, je ne voyais rien. Et maintenant, je commençais à rêver de ça la nuit alors que je ne prenais pas de drogue. C'était devenu une obsession.








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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 19:03