...

...
Alors que j'y pensais, j'entends un bruit de clé dans la serrure. La porte s'ouvre. Franck rentre. Il me sourit :
« - Bonjour ! J'espère que ce n'est pas moi qui te réveille !
- Non, non. Je suis debout depuis quelques minutes, je suis allée me prendre un verre d'eau. »
Il semble embarrasser :
« - Je suis allé acheter de quoi manger pour ce matin, et également pour ce midi, enfin, je ne savais pas quand tu allais te réveiller...
- Merci.
- De toute façon, même s'il n'est que neuf heure, tu resteras jusqu'à ce soir, je ne veux pas te savoir seule après ce qui t'es arrivée hier. »

Il me tourne le dos et pose le sac de courses sur la table. Il en sort du pain et des croissants français, de la marmelade à l'orange. Il prend une bouteille de jus d'orange dans le frigo et deux verres, met le tout sur un plateau et pose ce dernier sur le lit :
« -Bon appétit.
-Merci...Franck, tu n'es pas obligé, je...
-Si, je l'étais. Mais ce n'est pas un problème, tu sais bien. » Il retire ses lunettes, il semble fatigué, il les nettoie rapidement avec le tissu de ce qu'il porte. Puis, il les remet sur son nez et retire sa veste rouge. Il porte un T-shirt blanc. Il ne craint pas le froid des pâles matins anglais. La Russie a rendue sa peau tenace ; et pour lui, de toute façon, ce n'est pas ce qu'il appelle le froid. Alors que nous mangeons tout deux en silence, je lui demande :
« - C'est toi qui m'a amenée ici ? » Je connaissais déjà toute la réponse, pourtant, j'avais posé la question, naturellement, pour briser cet absence de parole. Il lève la tête, il tient un pain rond à la main, il me regarde dans les yeux, au dessus de ses lunettes :
« - Oui. Quand je t'ai vu courir et t'enfuir paniquée, et que tu ne voulais pas être accompagnée, je me suis dit que tu avais besoin d'être seule quelques temps. Je suis donc partit nettoyer le bar, puis ranger quelques câbles inutiles sur scène. Quand Vanessa m'a dit que tu n'étais pas revenue, je me suis inquiété. Je suis allé voir dehors, au début je ne te trouvais pas, mais j'ai entendu des sortes de gémissements. Tu étais derrière les poubelles, totalement stone, inconsciente, mais tu semblais rêver. Tu remuais. Je savais que c'était bon signe. C'est pour ça que je n'ai pas appelé les urgences. J'ai dis aux autres que j'avais finit mon boulot et que je montais. Mais rassure toi, personne ne t'a vu, je t'ai emmené ici en te prenant dans mes bras et en montant par l'escalier de secours. Je t'ai allongé sur le lit, je t'ai enlevé ton blouson et tes chaussures. Je suis retourné dehors ensuite et j'ai jeté la seringue.
J'ai tout expliqué à Vanessa, et je l'ai rassuré en lui disant que je te garderai chez moi jusqu'à ce soir. Puis je suis remonté, et j'ai veillé sur toi toute la nuit. »
Alors que je me sens honteuse de savoir que Franck n'a pas dormi à cause de moi, et qu'il s'est fait du soucis, il continu d'une voix moins tremblante :
« -Après le boulot, on ira boire un verre tous ensemble, Gloria viendra également. Et n'essaie pas de te défiler, tu es obligé de venir, tu n'as pas le choix.
- J'ai hâte d'être ce soir. » Je lui souris. Il savait que si Gloria venait, je viendrait, c'était ma meilleure amie après tout. Il se lève et prépare le thé. Je continue à manger. Maintenant que je suis mieux réveillée, je me souviens de certains moments, par exemple lorsque Franck m'a portée jusqu'ici.

Mon sauveur revient, il me tend une tasse. Je la porte à mes lèvres, le thé est brûlant.
Je m'étrangle, mais ce n'est pas à cause de la température du thé. Je ne m'attendais pas à une telle question :
« - Tu comptes continuer combien de temps à te saouler la gueule, à te droguer, et à risquer ta vie ?
-Je... je...quoi ? »
Il ajoute d'une voix plus aigue, pleine d'inquiétude, d'agacement, et de fatigue :
« -Combien de temps encore vas-tu gâcher ta vie et pleurer l'absence de Bill ?»







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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 19:59

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:13

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*



















Le soir, je dormais chez Christian. Il m'avait prêté son lit et prenait le canapé. Avant de m'assoupir, il me dit qu'il était fier de moi. Je n'ai jamais aussi bien dormi.

Le lendemain nous avions rendez-vous avec le groupe de Chris aux studios aux environs de dix heures du matin. Tous me saluèrent, et m'accueillirent comme si je faisais partie de leur bande. La répétition était passionnante. J'appris énormément rien quand écoutant Tom chanter. Il avait déjà gagné des concours plus jeune. Tom venait d'une famille riche contrairement aux autres membres du groupe. Ses parents lui avaient offert des cours de violon, de solfège et de piano, et il avait pratiqué le chant très tôt avec de très bons professeurs. Il avait une voix grave et chaude, joyeuse ; il chantait des chansons parlant de liberté, des beautés du monde qu'il avait vu : de doux paysages d'Europe, des horizons secs et désertiques du Moyen Orient, des forêts vertes et des océans pleins de dauphins et des ciels remplis d'oiseaux exotiques.
Ses parents cependant voulaient faire de lui un célèbre avocat, mais il avait tout plaqué pour la musique et la vie de Bohême comme il disait.
Mais plus tard, lassé sans doute de cette triste région et rappelé par l'aventure des voyages et des pays sauvages, il allait partir, une guitare sur le dos à la recherche de lui-même sur les routes et dans les toundras.

Je m'entendais très bien avec Tom. Mais aussi avec Rupert qui possédait un sens de l'humour assez développé. Plein d'énergie, il ne cessait de faire des mimiques pendant les chansons pour essayer de me faire rire ; ce qu'il réussissait à chaque fois et ce qui agaçait les autres membres déconcentrés qui se retrouvaient parfois à rire avec moi.
Je connaissais déjà Dan et Léo, le saxophoniste et le bassiste. Chris les avait déjà invité chez nous. Ils étaient plus mystérieux, ne parlaient pas beaucoup mais écoutaient attentivement les gens autour. Ils étaient inséparables, meilleurs amis et partageaient tout. Dans quelques années cependant, ils prendraient tout deux un chemin différent pour cause de désaccord artistique et d'un compromis à propos d'une chanson.
Je ne parlais pas beaucoup à Tim, le batteur. Les autres membres ne lui parlaient pas non plus énormément. Chris me raconta un jour qu'il l'avait choisi à cause de son talent et non de sa gentillesse. Il me confirma qu'il n'avait pas un mauvais fond mais qu'il semblait toujours contrarié. La vie m'appris plus tard que les individus les plus mystérieux étaient les plus sensibles, et que Tim n'était pas batteur pour rien. Il cognait ses démons et le bruit de sa batterie chassait ses peurs. Sa colère était sa force.

Après la répétition, nous sommes allés au pub irlandais en face des studios. C'était le seul du quartier à proposer des plats en plus des boissons, et le seul à proposer de l'alcool moins cher. Lydia nous a rejoins. Et mon frère a officiellement annoncé qu'ils sortaient ensembles. Les autres semblaient ravis ; j'appris qu'elle plaisait à mon frère depuis des mois, et qu'il en était désespérément tombé amoureux.
Nous avons été plus tard rejoins par les membres des Children'dolls, Bill manquant à l'appel.
Ils avaient répétition juste après et j'étais invité à venir. Nous devions travailler une reprise de mon choix. Ils me demandèrent si j'avais des idées :
« - J'aime bien Problems des Sex Pistols... »
Rupert dit alors :
« - Chris, je veux épouser ta s½ur ! » Nous avons tous ri. Gary, Brian et Sam acquiescèrent. Ils semblaient ravis de mon choix. Ils me dirent que Bill arriverait plus tard, qu'il finissait sa journée au Culligan's, la boutique de guitares de la banlieue.
En effet, si Bill avait quitté le lycée, il ne faisait pas que de la musique ; il avait plusieurs jobs selon les jours de la semaine. Il vendait des disques dans un magasin du centre ville, nettoyait les voitures dans une station service près de chez lui et rangeait des caisses pleines de produits ménagers dans une superette. Il ramenait donc de l'argent chez lui pour aider ses parents adoptifs, mais également il économisait pour s'acheter de meilleurs amplis et aussi une voiture : un model américain des années soixante qu'il avait vu un jour dans un vieux film.
Mon frère, Lydia et ses amis partirent après avoir payé l'adition. Christian viendrait me chercher plus tard en voiture pour me ramener à la maison.
Nous n'étions plus que quatre. Nous rentrâmes aux studios Francisco.








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# Posté le lundi 06 juillet 2009 11:05

Modifié le lundi 06 juillet 2009 17:29

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Je n'avais jamais autant bossé une chanson, ou plutôt, je n'avais jamais autant bossé une chanson avec d'autres musiciens. Avec mon frère, nous faisions ça souvent rapidement, mais nous n'étions que deux ; il n'y avait pas tout à mettre en place.
Au bout de trois heures de travail, tout était fait au niveau arrangement, improvisation ; mais nous devions encore voir certains enchainements. Notre impression pourtant fut la suivante : pour une première fois ensemble, la répétition se passait bien et les résultats se faisaient voir. Nous avons décidé de la jouer une dernière fois puis de passer à autre chose.
Nous étions tous emportés dans un tourbillon violent. Comme une tempête. Les instruments explosaient de toute part ; nos sourire de satisfaction aveuglaient le son même.
Nous entamions la fin de la chanson quand Bill rentra dans la pièce. Nous le vîmes, mais nous ne nous sommes pas arrêtés. Il jeta violement ses affaires au pieds du mur, s'assis, les bras croisés ; il semblait à la fois surpris et irrité.
Quand nous avons finit la chanson, nous étions content de nous, et nous avons commencé à parler de ce que nous pouvions arranger. Les garçons commencèrent à plaisanter à propos de choses que nous avions dit au début de la séance. Je regardais Bill. Il nous observait, sans fixer qui que ce soit. Ses yeux si clairs ne trouvaient pas de cibles. Il se leva brusquement, et dit tout en s'approchant de nous :
« - Je vous dérange peut être ? » Tout le monde se tut. Puis après un court silence pendant lequel tous les regards s'étaient tournés vers lui, Gary s'exclama :
« - Bill ! T'es là ! Comment ça va ? Tu...
- Je croyais qu'on avait répétition à dix-sept heures.
- Oui, mais...Hier après que tu sois partit fumé, t'es pas revenu, et on a demandé à Sally de faire un duo avec nous. T'as entendu, ça en jette, hein ?
- Quelqu'un aurait pu me mettre au courant, non ? »
Il eut un autre silence, plus pesant. Tous semblaient mal à l'aise. Moi, je ne savais pus ou me mettre. Bill continua :
« - Je bosse toute la journée. Et je m'accroche parce que, après le boulot, nous avons une répétition pendant laquelle nous sommes censés [il insista sur ce dernier mot] nous donné à fond pour la musique. Et là j'apprends que vous avez répété une partie de l'après midi, voir peut être tout l'après midi une chanson que nous ne ferons pas au prochain concert. Et ça veut donc dire que, vous serez tous dissipé pour NOTRE répétition ! »
Il hurlait à présent. Il tremblait même de fureur. Il ne semblait ne plus savoir ou mettre ses mains.
C'est Sam qui pris la parole cette fois :
« - Bill, écoute. Désolé. On est tous désolé. Mais c'est pas la peine d'être désagréable. T'avais qu'à pas disparaître hier soir. Puis, Sally chante très bien. Un duo avec une autre artiste serait pas mal pour le prochain concert : on se ferait plus remarquer. Et ça fera peut être un nom à Sally dans le quartier.
- Ouais, ouais. Vous ne vous êtes pas demandé ce que moi j'en pensais ? »
Nous étions muets. Les garçons semblaient ne pas reconnaître leur compagnon.
Bill ramena ses cheveux en arrière, ferma les yeux, bascula la tête, l'air plus calme.
L'une de ses joues étaient rouge et bleue ; la peau était à certains endroits comme abîmée.
Quand il nous regarda à nouveau, il semblait ne pas avoir remarqués nos visages effrayés :
«- Excusez moi, j'ai eu une mauvaise journée. Je... devrais plutôt prendre l'air quelques secondes. » Il tourna les talons :
« - Qu'es-ce qui t'es arrivé ? » C'est Brian qui avait posé la question. Nous regardions tous Bill qui ne prit pas le temps de se retourner pour répondre :
« - Rien d'important, okay ? »
Puis il sortit.
Nous étions tous sans voix. J'avais mauvaise conscience et étais mal à l'aise. Premièrement pour être en quelque sorte la cause de cette crise, mais également parce que je devinais que ces traces de coups ne venaient pas d'une simple bagarre entre gangs ennemis.








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# Posté le lundi 06 juillet 2009 18:43

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:11

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DreamX

4ème Chapitre****2ème partie




« -Je...Je ne vois pas de quoi tu parles, je...
-Tu me prends pour un abruti ?! » Franck avait haussé le ton. Il s'était levé et allait et venait devant moi, l'air songeur et énervé.
Je regarde par la fenêtre. Le ciel est gris et des nuages noirs se dévoilent à l'horizon, ramenant la triste pluie des mers. Le parking est désert. Aucune voiture dans la rue. Pas un chat sur le toit. J'entends les oiseaux hurler de désespoir au loin.
Une larme coule sur ma joue. Jamais Franck ne m'avait parlé de la sorte. Jamais on ne m'avait auparavant envoyé la vérité telle quelle à la gueule. Tout ça je le savais, j'entendais ma conscience me hurler ces mêmes questions, mais jamais je ne l'avais écouter, et là, cette voix résonne dans ma tête et à mes oreilles comme un bourdon.
Mes veines palpitent à l'intérieur de moi. Elle tremblent comme des papillons de nuit prisonniers d'une vitre sale ; elles crépitent comme leurs ailes se broient et fument au contact d'une lumière, d'une ampoule allumée. Mes besoins d'alcool, de cigarette et de drogue augmentaient. Ce n'était plus seulement de l'envie mais une nécessité pour ne pas sombrer et me sentir crever.
Je commence à trembler. Déjà ? J'ai besoin de quelque chose pour m'oublier moi même. J'entends Franck soupirer et reprendre de plus belle :
« - Putain ! mais regarde-toi ! Tu trembles comme une junkie ! » Il se met à rire.
Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle :
« - Donne moi une clope s'il te plait." Il me jette le paquet après s'être servi. Il allume sa clope, me passe le briquet.
Nous inhalons cette substance maudite. La fumée emplie nos bronche et l'appartement.
Nous nous calmons. Je ne tremble plus. Franck s'assoit :
« - Je suis désolée Franck. Je te cause trop de problèmes.
-Je me fais du soucis. Tu n'es plus toi-même depuis quelques temps. Depuis... » Il se tait.
J'ai une douleur à la tempe droite :
« - Je vais refaire du thé, si tu veux. »
Je lui tends ma tasse et il se relève.

Nous avons tout les deux dormis l'après midi. Le soir nous sommes allés bosser comme d'habitude. Cette fois je fus à l'heure. Tout se passait comme si de rien n'était. Seules deux choses semblaient étranges : l'absence de Fred et celle de Gloria.
Personnes ne les avaient vu de la journée. Fred ne répondait pas chez lui, Gloria non plus.
Je m'inquiétait pour elle. Je savais qu'ils partaient souvent ensembles le soir.
Franck me rassurait. Il était sûre que rien de bien grave ne s'était produit. Je tentais de le croire.

Nous avons finis de bosser. Il est l'heure à laquelle nous nous sommes tous donné rendez-vous. Nous allons au pub en face. Le patron est un ami de Franck. Il lui a proposé un bon nombre de fois de venir travailler ici plutôt qu'au Lucifer qui n'a plus très bonne réputation, mais il a sans cesse refusé.
Je commande un bourbon. Franck commande une vodka, Vanessa demande une tequila. (Si vous saviez ce que c'est que de bosser dans un endroit tel que le Lucifer, vous feriez de même.)

Alors que Vanessa nous parle d'un habitué du bar, la porte du pub s'ouvre. La clochette à l'entrée retentit. C'est Gloria. Elle est en larme. Ses vêtements sont déchirés, son visage est ensanglanté, elle s'écroule.








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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 12:14

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:12

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Nous étions tous debouts dans le studio. Et j'avais encore le microphone à la main.
Bill était sortit et les autres ne bougeaient plus. Je m'excusais. On me dit que je n'y étais pour rien. Brian me dit qu'on en saura plus quand Bill voudra en parler et que personne ne peut le forcer à avouer quoi que ce soit. On pourrait le savoir demain, ou dans un ans, voir jamais. Les autres semblaient tristes, mais se mirent rapidement à ranger leurs affaires. On me confirma que lorsqu'il était comme ça, il n'était capable de rien et n'avait envie de rien.

On quitta donc les lieux. Sur le pavé, il y avait Bill, assis. Il fumait et son regard se perdait dans le béton de la route. Les autres lui dirent en revoir. Ils essayèrent de lui sourire, lui firent des signes de la main. Il ne répondait pas. Moi je restais devant les studios. Christian ne devait venir me chercher que dans une heure. Je n'avais apporté ni livre, ni de quoi m'occuper. Rien. Je faisais les cent pas, donnant de temps en temps un coup de pied dans le mur. Bill, se retourna et me scruta. Je devais sans doute le déranger.
Il me demanda :
« - T'es pas partie comme les autres ? » Je le regardais. Mes yeux plongés dans les siens :
« - J'attends mon frère. Il doit venir me chercher dans pas longtemps. »
Il y eut un silence interrompu rapidement :
« - Hum...Désolé, au fait, pour tout à l'heure. Rien de personnel. Je veux dire, c'était pas contre toi.
-Y'a pas de mal.
-C'était de la bonne qualité votre reprise.
-Merci. »
Pour une première conversation, il n'y avait rien de passionnant.
Je revoyais ces traces sur son visage. Les bleus, les contusions. Je demandais alors soudainement :
« -Qui t-a fait ça ? » Je me souvenais des conseils de Brian, mieux fallait ne rien lui demander, mais je voulais savoir, et je n'avais jamais eu ma langue dans ma poche.
Je m'attendais à un « ça ne te regarde pas. » Mais à la place, j'eu une tout autre forme de réponse :
« - Mon oncle à pété un câble. Enfin, c'est pas vraiment mon oncle, c'est le frère de ma mère adoptive. Il a crut que j'avais volé de l'argent à la maison. Il ne m'apprécie pas beaucoup. Il me méprise plutôt, depuis que je suis arrivé dans cette famille. » Il prit une bouffée de sa cigarette et continua « Mais c'est pas important.
- C'est la première fois ? » Là, il eu l'air étonné par ma question :
- A ce point oui...Pourquoi tu demandes tout ça ?
- Comme ça...je sais que ce n'est pas facile.
- Ah oui ? « Il avait dit ça avec dédain et mépris. Je lui répondis sec :
« - Oui. » Il me regarda longuement :
« - Et c'est qui chez toi ?
- Mon beau père.
- Ah...T'es pas obligée de rester debout tu sais. » Je m'assis à ses côtés. Je vis que ses plaies n'étaient pas nettoyées. :
« - Tu devrait désinfecter ça.
- ça ira, t'inquiète pas.
- Je sais ce que je dis, tu devrais désinfecter. Attends, laisse voir. »
Il semblait intimidé, je l'étais aussi. Je plaçais une mèche de ses cheveux derrière son oreille, mes doigts frôlaient sa peau. Je voyais de très près ses yeux verts. Je touchais ses plaies ; il eut une grimace. Je devinais que la blessure était profonde :
« - J'vais nettoyer ça maintenant.
-Quoi ?
- Ne bouge pas !
- Hey ! Attends, reviens ! »
J'avais couru vers les studios, et je rentrais. Je vis Martha en train de fermer une salle, je lui demandais :
« - Excuses-moi Martha ! Mais tu n'aurais pas ta bouteille de whisky par hasard ?
-Si, si, pourquoi ?
- J'ai besoin d'alcool pour nettoyer une blessure. »
Je voyais qu'elle comprenait. Elle donna une bouteille rangée derrière son comptoir :
« -Tiens petite.
-Merci ! »
Puis je revins. Bill sembla vouloir m'interroger, mais il ne dit rien.
J'ouvris mon sac et en tirais des pansements, une pommade, des mouchoirs, et des bandages. Voyant son air dubitatif, je lui expliquais :
« - J'ai pas beaucoup d'amis au lycée, quand je peux pas me défendre, il faut au moins que je me soigne. »
Je mis l'alcool sur le mouchoir et le posa sur sa plaie :
« - Aïe !
- ça brûle un peu.
- Non ? C'est vrai ? » répliqua-t-il sur un ton ironique.
Je n'y fis pas attention. J'essuyais ensuite la plaie, et étalais de la pommade qui permettait d'accélérer la cicatrisation sur sa joue. :
« - Voilà ! Garde la pommade si tu veux. Tu me la rendras quand tu n'auras plus rien.
-Merci.
-De rien. Je ...je vais rendre la bouteille à Martha.
-Attends. » Il me pris la bouteille des mains, l'ouvrit, la porta à sa bouche et bu une longue gorgée. Quand il eut fini, il me la rendit :
«- Là, ça va mieux. » Je lui souris. Je suis allée ramener le whisky et me suis assise sur le trottoir à côté de lui à mon retour.
Il semblait apaisé, et souriait dans le vide. Nous sommes restés comme ça quelques temps, sans rien dire. Puis mon frère est arrivé, au volant de la voiture de Lydia qui était à côté de lui. Il salua Bill qui répondit brièvement d'un signe de tête, quand je me levais:
« - Hum...aurevoir, et à la prochaine !
- Ouais, à bientôt ! Et merci !
-De rien ! « j'allais monter dans la voiture quand il me dit :
« - Ecoute, t'as qu'à venir mardi. On a une répétition avec le groupe.
- Okay. Et bien... à mardi alors ! »



Quand la voiture démarra, j'eu un regard dans le rétroviseur devant moi. L'image de Bill, assis au bord de la route, s'éloignait tout doucement.









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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 14:45

Modifié le mardi 21 juillet 2009 19:21